–« Ce travail sur l’intérieur et l’extérieur et sur le négatif et le positif vous épargne tout symbolisme, tout onirisme et plus largement tout transfert. Il me semble que l’espace intérieur ne correspond pas du tout chez vous à un état d’âme intérieur. Vous ne semblez pas une artiste romantique, car le romantisme est une forme de transfert de l’âme dans la nature. »
–« La nature me nourrit ; j’ai toujours eu un lien assez fort avec elle, mais personnellement je ne me sens pas romantique ! C’est plutôt une recherche spirituelle à travers la rigueur d’une certaine abstraction. » …
–« C’est un cheminement plutôt qu’un point de vue. Vous ne suivez pas une logique de point de vue, mais de cheminement et de circulation dans l’œuvre. »
–« C’est vrai ; mais l’œuvre laisse l’esprit du spectateur libre d’interprétation !
Je ressens mes sculptures comme des noyaux autour duquel l’espace gravite ; l’espace environnant fait partie de l’œuvre qui a besoin de cette place pour rayonner. » …
– « Le mot central est bien "l’espace" : intérieur et extérieur, qui est organisé autour d’un noyau. »
–« C’est également un graphisme. La dimension physique y est prépondérante.
Mes sculptures en branchages évoquent chez certains des "labyrinthes", car on peut créer mentalement son cheminement personnel en elles. » …
–« Il me semble que la respiration et la mobilité de votre travail viennent du fait que vous ne demandez pas au spectateur d’investir votre subjectivité. Vos œuvres sont très contemplatives. »
– « Le mot "trace" recèle une dimension contemplative ; on peut circuler par ailleurs dans une trace. Nous disions tout à l’heure que la nature était première et vous seconde, et le mot trace rend exactement cet ordre. »
–« On peut suivre une trace ; elle peut, de plus, s’effacer ! »…
– « Vous vous situez dans des traces laissées par la nature ou la culture… ; La trace est située dans la dynamique d’un mouvement qui ne s’est pas arrêté là. La trace est sans doute plus libre que la marque, qui est plus rigide. La trace est une force de proposition, mais elle n’impose rien. Ces branchages sont par exemple une respiration. tout votre travail sur la lumière constitue en définitive un travail sur la trace que laisse la lumière au sol. »…
–« Le phénomène physique de la lumière traversant certains matériaux translucides m’intéresse également ; ainsi que les éléments dynamiques comme le vent, le feu… Ces matériaux naturels, qui sont aussi des traces, engendrent une remise en cause de sa propre pratique artistique, ce qui est passionnant comme recherches et comme perspective de travail
Dans la trace, il peut exister une dimension cosmique. Ce qui reste fort, c’est qu’il faut expérimenter la trace. »
– « Car la trace ne s’anticipe pas a priori, mais se constate a posteriori. »